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PHOTO UBAYE ET INFORMATIONS

PAYSAGES, NATURE ET GÉOLOGIE EN UBAYE

    
      
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Didier Vereeck, auteur photographe et auteur de l'écrit, membre du Réseau Focalis
 


Lacs de Marinet, de Chillol et vallon de Mary


Montée dans le vallon de Mary. Clic/agrandir

Les quatre lacs de Marinet sont parmi les plus connus d'Ubaye, et à juste titre. On évitera donc les périodes les plus fréquentées. Il serait dommage de se cantonner à la balade classique Mary-Marinet et de ne pas aller au lac de Chillol, et de ne pas connaître le plaisir de déambuler tranquillement sur la crête de Chillol, petit boulevard d'altitude, mais boulevard cette fois désert. Le gros des troupes reste au lac le plus accessible, le grand lac de Marinet, auquel vous arriverez en fin de journée quand la foule sera partie.

En partant de Maljasset (1900) à l'aube, on évite le monde et on profite de belles lumières. L'idéal est de partir assez tôt pour arriver au petit lac de Marinet (2533) avant le lever du soleil, au petit jour donc (1h30 à 2 heures de marche). L'ambiance avec au fond les glaciers de Marinet, la Pointe des Cirques et l'Aiguille de Chambeyron est froide et prenante.

Petit matin au petit lac de Marinet. Clic/agrandir

Il y a un petit côté relique de paysage glaciaire. Pas trop étonnant, les glaciers de Marinet sont en effet de quasi reliques. Glaciers les plus au sud des Alpes, il n'en reste plus grand-chose aujourd'hui et ils auront bientôt totalement disparu.

La montée aux lacs supérieurs de Marinet se fait à main droite par un petit chemin qui suit l'épaulement et prend vite des allures de chemin de crête. Si on est arrivé suffisamment tôt on éprouvera à coup sûr le grand frisson du lever de soleil sur cette crête, lever de soleil qui nous accompagnera jusqu'aux lacs.

Lacs supérieurs de Marinet vus de la crête de Chillol. Clic/agrandir

Les lacs supérieurs de Marinet (2682) sont d'évidence les plus beaux des quatre. Après les avoir longés pour en profiter, il est intéressant de monter à main droite vers la crête de Chillol (2731). De là, la vue est sublime et on la retrouvera plus tard. Au programme, la descente par le vallon de Chillol vers le lac du même nom.

Le lieu est magique, avec des roches de toutes les couleurs et des reliefs curieux, alternant ravins, molles rondeurs et aiguilles acérées. La Bergerie de Chillol (2463) vous accueille pour le casse-croûte, perchée au-dessus du sauvage vallon qui mène à l'Aiguille Grande et à l'Aiguille de Chambeyron.

Lac de Chillol un 11 juillet. Clic/agrandir

C'est un décor minéral d'une sauvagerie exceptionnelle. D'ailleurs, vous l'avez remarqué ? Aucun touriste depuis petit le lac de Marinet, et sans doute même pas un randonneur (y compris en plein été).

Le retour est l'occasion de musarder dans le vallon de Chillol qu'il faut remonter jusqu'à la crête (300 mètres de dénivelé). Les plus courageux se paieront le luxe d'un détour qui vaut le coup : monter à main gauche vers un col sans nom au pied de la Tour de Chillol, puis suivre la crête jusqu'au pas Nord de Chillol, et enfin traverser totalement la crête de Chillol, en poursuivant au-delà du Pas Sud, jusqu'aux contreforts de l'Aiguille de Chillol.

Il ne reste plus alors qu'à redescendre par le torrent puis longer la moraine jusqu'au côté sud du petit Lac de Marinet. Quelques pas mènent au grand lac de Marinet, parfois appelé lac de Mary (2540). On peut redescendre par le même chemin qu'à la montée (rejoindre au préalable le petit lac de Marinet) ou monter au col de Marinet (2787) et redescendre la totalité du vallon de Mary via le col de Mary (2641).

Ce dernier détour rajoute 250 mètres de dénivelé et 3 bons kilomètres, mieux donc être encore en forme avant de l'entreprendre. Sans le détour, la balade complète fait tout de même 1200 mètres de dénivelé (compter 7 heures de marche).

Nul doute qu'il s'agit là d'une des balades les plus belles et dépaysantes d'Ubaye, du moins sur sentiers. On combine lacs et crêtes, verdure et sauvagerie.

> Voir la galerie complète (36 photos). Toutes les photos ont été faites un 20 juin et un 2 octobre pour le vallon de Mary, un 11 juillet pour les lacs, et deux photos ont été faites un 20 juin sur la crête de Chillol. Pour suivre la randonnée du 11 juillet, se fier aux numéros des photos (de 06-042-14 à 06-046-23), qui sont chronologiques.

Pour ceux qui aiment savoir comment sont faites les photos et imaginent de nombreux allers-retours, la plupart ont été faites le 11 juillet. Mais la journée fut longue : départ à 4 heures de Maljasset, retour à 21 heures. Soit en 17 heures un bilan de 154 photos prises, 54 conservées (35 %) et 21 dans la galerie (14 %). Certaines photos plus abstraites (eau, roche) se trouvent dans d'autres galeries, et certains paysages sont dans la galerie générale Ubaye (à vous de les retrouver !).

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Lacs de la Braissette et crête de la Plate



Vallon de Moutière, clic/agrandir

Voilà une petite randonnée assez variée et originale. Vu la nature du terrain, il est préférable de la faire à l'automne ou au printemps. On peut partir d'un virage de la route (Barre du Planton, 2300 m) mais pour profiter du paysage il est préférable de partir du bas du Vallon de Restefond, là où la route venant de la Bonette rejoint celle venant du col de Moutière (2420 m). L'accès peut se faire par Bayasse (route de la Cayolle). On peut partir à pied du refuge (1800 m) et remonter par le GR56 le charmant vallon de Moutière, qui donne toute sa beauté à la balade. En voiture, on peut partir de la dernière épingle à cheveux, sous la cabane de la Moutière (vers 2050 m).

Le vallon offre trois lacs. Le premier, non nommé, pourrait s'appeler lac sous Cristel (nom de la crête). Pour accéder aux deux lacs de Braissette, il faut quitter le chemin quand on les voit, et descendre à vue. Le soleil se couche assez tôt sur le lac inférieur, à cause de l'imposante Barre des lacs.

Lac supérieur de Braissette, clic/agrandir

La montée depuis les lacs (2500 m) par la baisse de la Plate jusqu'à la tête du Laup (2721) est sans difficulté. Sur cette crête ou celle de la Plate (2770), il serait étonnant de ne pas voir de chamois. On arpente toute la crête jusqu'à rejoindre le col de Cime Plate. La vue sur la vallon de Sanguinière est superbe. Le retour se fait par le chemin.

Prévoir du temps car les distances ne sont pas négligeables, et en grande partie hors sentier. Compter pour l'aller retour :
- depuis la Barre du Planton : 3h30 (500 mètres de dénivelé)
- depuis sous la cabane de la Moutière (itinéraire conseillé) : 5h (800 mètres de dénivelé)
- depuis Bayasse : 7h15 (1000 mètres de dénivelé)
- depuis le Restefond : 4 h (600 mètres de dénivelé)

> Voir la galerie complète (36 photos). Toutes les photos ont été faites un 6 septembre. Pour suivre la randonnée, se fier aux numéros des photos, qui sont chronologiques.

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Le lac des Neufs Couleurs du Chambeyron


Lac des Neufs Couleurs du Chambeyron. Clic/agrandir

La balade du Chambeyron est une des plus connues d'Ubaye et les connaisseurs l'estiment parmi les plus belles. Le dénivelé non négligeable n'arrête pas le randonneur devant un tel spectacle. Malgré les 1000 mètres jusqu'au lac des Neufs couleurs, un peu plus jusqu'au col de la Gypière (2927 m), il vaut mieux prévoir une époque de faible fréquentation. Les photos de la galerie ont été faites un 25 juin.

L'endroit est étonnant. Quel contraste entre le départ du charmant village de Fouillouse (1890 m) et, après une longue montée en coteau, le vallon presque uniquement minéral ! Le touriste pressé et pour tout dire harassé est souvent insensible à la perspiration de la roche. Il se concentre sur son effort et sur son but : le lac. Celui des Neufs Couleurs (2840 m), le plus haut, car il sait sans doute que les autres lacs sont moins intéressants, moins beaux en tout cas.

Certes, l'effort est important mais il est intéressant de partir très tôt le matin, de monter sans trop d'arrêts jusqu'au lac Long (2780 m) et de commencer à flâner. C'est à partir de ce lac que le vallon de Chambeyron développe toute son étrangeté. Quelle joie de découvrir du thlaspi qui semble pousser à même la roche ou la couleur éclatante du saxifrage à feuilles opposées, qui semble surtout s'opposer à la roche !

Le thlaspi semble pousser à même la roche. Clic/agrandir

Flâner, s'arrêter, se reposer, tel est le mot d'ordre ici. Ne rien faire est l'important. Les rochers se mettent alors à danser, les formes se multiplient. Un étrange son inaudible et peut-être inexistant sourd de la roche elle-même, une vibration métallique. Ce son qui a quelque chose de cristallin, comme un bruit lointain de cloche. Aucune confusion possible pourtant, il ne s'agit en aucun cas des cloches de la vallée. D'abord il n'y en a pas, ensuite elles sont inaudibles de si loin.

Non, il s'agit d'un son autre qui, à y écouter plus attentivement n'est pas celui de cloches non plus. Un son qui vous rappelle quelque chose n'est-ce pas ? Oui, c'est le son qui s'entend parfois en méditation. C'est le son du monde, la vibration première de l'univers, peut-être. À moins qu'il ne s'agisse de la vôtre.

Est-ce le le son du monde, la vibration première de l'univers ? Clic/agrandir

Le son tapi au fond de l'oreille et comme perdu au milieu du silence, l'homme se sent tout à coup bien différent. La vibration au milieu du cœur, la sérénité en bandoulière, l'exploration du petit vallon rocheux peut commencer. Quand vous arriverez au lac des Neufs couleurs, je peux vous garantir que vous le verrez tout autrement. Si quelques touristes sont là, vous les saluerez et ils vous regarderont d'un drôle d'air. Comment ça, le souffle divin se voit ?

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> Voir la galerie Lacs de Chambeyron (36 photos). Toutes les photos ont été faites un 25 juin, sauf trois photos de fleurs dont le numéro commence par 10.

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Les Terres Noires de Barcelonnette


Roubines dans les Terres noires au Restefond. La couleur bleutée est due à l'oxydation en présence d'eau. Clic/agrandir

Les Terres noires sont des marnes sombres, parfois colorées en bleu par l'oxydation en présence d'eau. Elles se sont déposées au Jurassique (Callovien-Oxfordien) comme la présence d'Ammonites a permis de le dater, présence qui indique une sédimentation de pleine mer. Des datations fines couche par couche ont été permises par l'analyse du phytoplancton et en particulier des Dinoflagellés.

Ces marnes composaient la majeure partie du paysage avant que les nappes de calcaires jurassiques et de flysch crétacé, qui constituent les principaux sommets de l'Ubaye, ne soient venues les recouvrir. Ces nappes dites intra-alpines sont des terrains qui s'ils n'avaient pas bougé se trouveraient actuellement sous la plaine du Pô. L'érosion a entamé la couche calcaire, mettant à nu ces terres noires, et constituant ce qu'on appelle la fenêtre de Barcelonette.

Clic/agrandir. Des arbres, ici des mélèzes, arrivent à pousser sur les crêtes, qui s'érodent moins vite que le reste. On note qu'ils sont jeunes. Ils ne deviendront pas vieux, emportés par un glissement de terrain ou déracinés par l'érosion.

Les marnes sont des sédiments calcaro-argileux. Le calcaire leur confère une certaine résistance mais les argiles, susceptibles de se gorger d'eau, rendent les terrains instables. De nombreux glissements de terrains se sont d'ailleurs produits dont certains sont célèbres. Mais souvent, le glissement ne se voit pas ou à l'échelle de dizaines voire centaines d'années. Il se produit selon le principe du paquet tassé : la masse de marnes descend progressivement en se tassant, à une vitesse suffisamment lente pour que la végétation ne soit pas détruite.

Les Terres Noires constituent des terrains mous facilement entaillés par l'érosion. Le ravinement produit cette apparence dite en dos d'éléphant, appelée localement roubines, robines ou rouvines quand elle n'est pas recouverte de végétation. Le terme « robine » désigne en fait un petit canal, il est utilisé ici à cause de cette apparence de multiples petits canaux, donc toujours au pluriel.

Dans les zones plates ou pentues, se creusent rigoles et méandres donnant un aspect moutonné typique et esthétique. Ici, le vallon des Houerts. Clic/agrandir

Les terres restent souvent noires car à cause de sa friabilité, cette roche ne se recouvre jamais de terre végétale, du moins dans les pentes. Les terres noires du col de Restefond, des deux photo ci-dessus, constituent une notable exception. Mais, même dans les vallons comme ci-dessus, ces formations de Terres Noires mettent des lustres avant de se transformer en bonnes terres. Toutefois, la présence généralisée de ces Terres Noires donne le relief amène de certaines parties de l'Ubaye, comme la longue mais paisible montée du col de la Bonette Restefond.

Les Terres Noires se retrouvent dans tous le sud-est, des Alpes aux Causses. Partout où il y a de la pente et donc de l'érosion, elles se présentent sous formes de robines, parfois sur des surfaces considérables.

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> Voir également la galerie Col de la Bonette Restefond

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