Quand l'été bat son plein et que les lacs de montagne sont envahis de cris, quoi de mieux qu'un lac désert ? Vous en avez rêvé, l'Ubaye vous l'offre. Et en plus, lors d'une randonnée sans difficulté particulière et d'une longueur modérée. Elle est pas belle la vie ?
Départ de Larche - parking du Lauzanier (Pont rouge, limite du parc du Mercantour, 5 km au nord-est de Larche, par une petite route forestière, difficulté principale de la balade en cas de croisement - impossible). Altitude 1907 mètres. Lacs des Hommes 2600 mètres. Dénivelée positive : 700 mètres. 4h30 environ. Photos prises lors d'une randonnée un 18 juillet.
Repos extraordinaire au lac des Hommes. Clic/agrandir (sur galerie Arana)
La balade démarre tout ce qu'il y a de plus tranquillement puisqu'il s'agit d'abord de remonter le vallon du Lauzanier et ses longs plats montants. L'œil inquiet, on regarde les familles avec enfants partir à l'assaut de la montagne. Décidément, il ne faut pas croire ce qu'on lit sur les blogs, c'est du n'importe quoi ! La rampe qui mène au lac du Lauzanier calme un peu tout ce petit monde et on se reprend à espérer. Il n'y a que ça à faire car pour être honnête, cette partie de la balade n'est pas la plus palpitante.Plein d'espoir, on arrive au lac du Lauzanier et là, horreur ! Les cris des enfants turbulents agressent l'oreille la plus aguerrie. Il est temps de filer sans s'arrêter, heureusement pas épuisés par la courte montée. Cap sur le lac de Derrière la croix. Quelques plats montants et une autre rampe sans importance, nous voilà au lac de Derrière la croix. Le lieu est plus austère et par chance il n'y a personne.
À vrai dire, c'est habituel. Le lieu n'est pourtant pas bien loin du parking, moins de deux heures, mais il est bien moins fréquenté. Peut-être à cause de son aspect minéral ? Qu'importe, on reprend espoir. Finalement, ce blog ne dit pas que des bêtises. Nous n'en sommes qu'à la marche d'approche et déjà, le désert, ça promet.
Après une bonne pause, on regarde à droite, la pente herbue assez raide (sud-est du lac). Eh oui, c'est là qu'il va falloir monter. Le raidillon est très court en vérité, la pente redevient vite raisonnable, et de toute manière, il n'y a que 200 mètres à monter, l'affaire d'une demi-heure pour un randonneur moyen. On a intérêt à monter tout droit ou en courts lacets (il y aussi des traces de sente).
Très vite, on sent qu'on ne va pas regretter l'investissement, côté calme. Il y a bien deux randonneurs qui descendent du Col de la Cavale, au loin, mais par ici : personne. C'est dans un silence royal qu'on prend pied sur l'épaulement qui tient lieu de col. Là commence un vallon sans nom, tout un espace presque plat qui mène aux lacs des Hommes.
La nature a ciselé là pas mal de figures et d'animaux. Clic/agrandir (sur galerie Arana)
Autant profiter du lieu. Dans ce chaos de blocs, on trouve des merveilles, il suffit de bien regarder les sculptures de la nature, qui a ciselé là pas mal de figures et d'animaux. Les fleurs, certes éparses, ressortent d'autant plus dans cet amas de roches. Circulez, il y à voir ! Pourquoi ne pas prendre le temps d'une visite plus approfondie, en contournant les blocs, plutôt que de tracer la route ?
Les lacs proprement dits ne sont pas extraordinaires (mais on a vu pire) et c'est peut-être leur plus grande qualité : ainsi, on est presque assuré de s'y trouver seul, même en plein été. En tout cas, pas de familles avec enfants, peut-être un rare connaisseur monté par le chemin du Pardon, que nous emprunterons à la descente.

Raiponse naine (Phyteuma humile). Clic/agrandir (sur galerie Arana)
Pour l'heure profitons de ce lieu étonnant, particulièrement rocheux, comme il y en a beaucoup en Ubaye. On se demande ce que les moutons pouvaient trouver à manger par ici. Lacs des Hommes, curieux nom pour un endroit où il n'y a sûrement pas de quoi nourrir son homme ! On peut savourer le silence car rien ne presse : la descente est courte (1h30 maximum).
Dans un lieu pareil, il faut peu de temps pour se sentir revenu à l'origine du monde. Pas un bruit, à part quelques strophes de rouge-queue noir et de traquet motteux. Pas un bruit… Sommes-nous sur la terre ? Est-ce possible ? Eh oui, nous sommes en Ubaye.

Pas un bruit… Sommes-nous sur la terre ? Non, en Ubaye. Clic/agrandir (sur galerie Arana)
La descente est plaisante. Après une courte partie quasi plate, on retrouve un chemin qui descend rapidement (mais sans danger) vers le ravin du Pardon où l'on peut admirer la cascade non nommée. Une cascade pas indiquée sur la carte ni dans les guides, et donc peu visitée, et qui pourtant en vaut bien d'autres. Autant en profiter car bientôt on sera revenu dans le vallon du Lauzanier.
Personnellement, j'ai traîné afin de revenir à une heure où les vacanciers sont devant le Pastis. Les apéritifs, ils attendront, à ce moment, on a plutôt envie d'entendre le silence revenu en soi, et le retour vers le parking se fait dans un état méditatif, à coup sûr !

Vertige à la cascade du Pardon. Clic/agrandir (sur galerie Arana)
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