Tour de France 2008 : le col de la Bonette Restefond
La route tourne autour de la Cime de la Bonette. Clic/agrandir
Cette année, le Tour de France passe par la col de la Bonette, et c'est seulement la quatrième fois de son histoire. Cette route est la plus haute d'Europe, avec ses 2802 mètres. Impressionnant, non ? Eh bien, c'est une route facile… en voiture. Chaussée parfaite, largeur la plus souvent suffisante, pas mal de virages, certes, elle permet de découvrir une grande variété de paysages, de Jausiers (1240 m) jusqu'au sommet, en passant donc par les étages montagnard, subalpin et alpin.
La route est évidemment très fréquentée, hélas surtout par des motos, facteur de bruit monstrueux, seul point noir de cet endroit. Pour le calme, on repassera ! La moindre moto de grosse cylindrée fait plus de bruit qu'une dizaine de camions réunis, et leurs pilotes sans scrupules n'hésitent pas à rouler à des vitesses démesurées. Si on a des enfants, on fera bien d'être prudent en cas d'arrêt, d'ailleurs.
Le lac des Eissaupres au printemps. Clic/agrandir
Mis à part la colonisation par les motards, j'apprécie beaucoup ce genre de route, qui permet aux personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas marcher de découvrir la montagne, avec même un lac sympathique, le lac des Eissaupres (2322 m). Celui qui a la chance de pouvoir venir au printemps, en mai (la route est alors coupée vers 2000 mètres) puis en juin (le col reste généralement fermé mais on peut monter assez haut, voire jusqu'au sommet) et en juillet pourra admirer un échantillon des fleurs et des papillons des Alpes, y compris quelques raretés.
Le Tour de France emprunte pour la montée la partie Alpes-Maritimes, bien plus étroite et raide. L'Ubaye sera le théâtre d'une descente roulante, probablement spectaculaire, 28 kilomètres dans un cadre grandiose : la vue est en effet très dégagée. Pour la circonstance, la route a été refaite par endroits, et surtout les bas-côtés aménagés et élargis. Que ne ferait-on pas pour accueillir campings-cars et autres voitures de fans ! Bien entendu, c'est compréhensible, mais fallait-il autant élargir et massacrer le site et ses bas-côtés fleuris qui mettront des dizaines d'années à se reconstituer ?
Saxifrage à feuilles opposées, une fleur pas si fréquente à défaut d'être rare, ici dans des rochers au bord de la route. Clic/agrandir
Nos cyclistes feront dans doute une descente impériale sur cette route classée Impériale par Napoléon III en 1860. Route ancienne s'il en est, n'est-ce pas ! Bien que haut en altitude, le passage vers les Alpes maritimes est en effet très facile, à tel point qu'il a fallu construire le fort de Restefond en 1890 pour en assurer la défense, fort transformé en caserne par Maginot en 1931 (ce sera l'objet d'un autre billet).
Le col est souvent nommé Bonette Restefond. En réalité, le premier passage empruntait le col de Restefond (2680 m), il en reste une route empierrée. Puis en 1961 le tracé a légèrement été décalé sans doute pour éviter le passage nord dans le vallon des Granges communes, et le diverticule autour de la cime de la Bonette a été mis en service. C'est lui qui culmine à 2802 mètres, tandis que le col est à 2715 mètres, donc en réalité moins haut que celui de l'Iseran. Les courageux monteront au sommet de la Cime de la Bonette (2860 m). Moins de dix minutes (60 mètres de dénivellé) pour un panorama inoubliable, ça vaut le coup !
> Voir la galerie complète (36 photos toutes prises depuis le bord de la route, en diverses saisons)
Belle lumière comme tous les soirs dans le vallon de Clapouse. Clic/agrandir
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18 Juillet 2008 à 12:07 dans
- ROUTES DE L'UBAYE
