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PHOTO UBAYE ET INFORMATIONS

Lacs des Houerts et Pointe d'Escreins


 
Lac vert des Houerts. Clic/agrandir 

Le vallon des Houerts est un de ces vallons rares dont on rêve sans le savoir, un monde a priori hostile et pourtant si attirant, un laveur de cerveau, pas moins ! Rien de bien difficile dans cette randonnée si ce n'est le dénivelé : 1300 m pour le sommet mais seulement 1000 pour les lacs.

Le chemin est bon, hélas un peu trop fréquenté pour un tel endroit. Dans un alpage riant, croiser d'autres randonneurs est souvent convivial. Dans un décor lunaire, cela paraît incongru, presque gênant. Autant dire qu'il est préférable de venir ici hors saison. Néanmoins, toutes les photos de la galerie ont été faites en juillet, preuve tout de même que la rocaille n'est pas prise d'assaut.

Le fond du vallon fait figure d'oasis. Clic/agrandir 

Dans un univers aussi minéral, le fond du vallon, herbu à souhait, fait figure d'oasis. La rivière ne peut être que celle de l'abondance retrouvée. Dans un tel milieu, l'homme voit sa condition telle qu'elle est : un veinard au milieu de nulle part, libre de sa route mais inutilement triste de ce qu'il n'a pas. Un peu d'eau et la vie est là !

La vie dans un tel environnement, ça remue le cœur. Le plus blasé des arpenteurs de sentiers ne peut que s'émerveiller devant une touffe de gentiane ou de saxifrage à feuilles opposées poussant à même la roche, quasiment. La joie colorée des pétales amène à mieux regarder la moindre pierre, et on découvre alors de multiples formes. Cette croix, n'est-ce pas notre part spirituelle qui nous appelle ? Et là, ce démon, notre part d'ombre qui ne demande qu'à être reconnue pour ce qu'elle est, une simple part de nous-même ?

   

Gentiane printannière entre bien et mal ? Clic/agrandir

Les lacs aux couleurs superbes offrent un repos bien mérité et plonger les yeux dedans évacue les dernières questions. Dans un lieu aussi nu, pas gêné par la luxuriance de la végétation, l'essentiel pointe le bout de son nez. Alors, l'esprit curieusement léger, on repart vers le col des Houerts par un chemin direct depuis le lac Vert, non marqué sur la carte.

Il faut pousser jusqu'à la Pointe d'Escreins tant la vue est spectaculaire. Même ceux qui habituellement ne vont pas sur les sommets devraient venir là : ce n'est pas tant la vue des lointains qui importe que les perspectives offertes sur le vallon et les lacs.

En montant à la Pointe d'escreins, au fond le lac vert, puis le lac bleu. Clic/agrandir 

Note : on me demande souvent comment je fais mes photos, et quand. Toutes les photos de la galerie ont été prises un 2 juillet, hormis les deux dont les numéros commencent par 07, prises un 24 juillet une autre année au cours d'une randonnée familiale. Ce 2 juillet, j'étais parti vers 4 heures pour les quelques photos au lever du soleil. Ensuite, j'ai arpenté le vallon pour des photos de fleurs et d'abstrait (roches notamment). Je ne suis redescendu que vers 19 heures, après 15 heures de marche et de photo, avec au maximum un arrêt d'une demie heure pour manger. Sur les 79 photos de ma sélection catalogue, j'en ai choisi 36 pour la galerie, à quoi s'ajoutent deux photos déjà présentes dans la galerie générale Ubaye, sur un total de 175 photos faites ce jour-là.

> Galerie complète Les Houerts (36 photos)

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Tour de France 2008 : le col de la Bonette Restefond


 Photos prises de la route du col de la Bonette Restefond

La route tourne autour de la Cime de la Bonette. Clic/agrandir

Cette année, le Tour de France passe par la col de la Bonette, et c'est seulement la quatrième fois de son histoire. Cette route est la plus haute d'Europe, avec ses 2802 mètres. Impressionnant, non ? Eh bien, c'est une route facile… en voiture. Chaussée parfaite, largeur la plus souvent suffisante, pas mal de virages, certes, elle permet de découvrir une grande variété de paysages, de Jausiers (1240 m) jusqu'au sommet, en passant donc par les étages montagnard, subalpin et alpin.

La route est évidemment très fréquentée, hélas surtout par des motos, facteur de bruit monstrueux, seul point noir de cet endroit. Pour le calme, on repassera ! La moindre moto de grosse cylindrée fait plus de bruit qu'une dizaine de camions réunis, et leurs pilotes sans scrupules n'hésitent pas à rouler à des vitesses démesurées. Si on a des enfants, on fera bien d'être prudent en cas d'arrêt, d'ailleurs.

Photos prises de la route du col de la Bonette Restefond

Le lac des Eissaupres au printemps. Clic/agrandir 

Mis à part la colonisation par les motards, j'apprécie beaucoup ce genre de route, qui permet aux personnes ne pouvant pas ou ne voulant pas marcher de découvrir la montagne, avec même un lac sympathique, le lac des Eissaupres (2322 m). Celui qui a la chance de pouvoir venir au printemps, en mai (la route est alors coupée vers 2000 mètres) puis en juin (le col reste généralement fermé mais on peut monter assez haut, voire jusqu'au sommet) et en juillet pourra admirer un échantillon des fleurs et des papillons des Alpes, y compris quelques raretés.

Le Tour de France emprunte pour la montée la partie Alpes-Maritimes, bien plus étroite et raide. L'Ubaye sera le théâtre d'une descente roulante, probablement spectaculaire, 28 kilomètres dans un cadre grandiose : la vue est en effet très dégagée. Pour la circonstance, la route a été refaite par endroits, et surtout les bas-côtés aménagés et élargis. Que ne ferait-on pas pour accueillir campings-cars et autres voitures de fans ! Bien entendu, c'est compréhensible, mais fallait-il autant élargir et massacrer le site et ses bas-côtés fleuris qui mettront des dizaines d'années à se reconstituer ?

Photos prises de la route du col de la Bonette Restefond

Saxifrage à feuilles opposées, une fleur pas si fréquente à défaut d'être rare, ici dans des rochers au bord de la route. Clic/agrandir 

Nos cyclistes feront dans doute une descente impériale sur cette route classée Impériale par Napoléon III en 1860. Route ancienne s'il en est, n'est-ce pas ! Bien que haut en altitude, le passage vers les Alpes maritimes est en effet très facile, à tel point qu'il a fallu construire le fort de Restefond en 1890 pour en assurer la défense, fort transformé en caserne par Maginot en 1931 (ce sera l'objet d'un autre billet).

Le col est souvent nommé Bonette Restefond. En réalité, le premier passage empruntait le col de Restefond (2680 m), il en reste une route empierrée. Puis en 1961 le tracé a légèrement été décalé sans doute pour éviter le passage nord dans le vallon des Granges communes, et le diverticule autour de la cime de la Bonette a été mis en service. C'est lui qui culmine à 2802 mètres, tandis que le col est à 2715 mètres, donc en réalité moins haut que celui de l'Iseran. Les courageux monteront au sommet de la Cime de la Bonette (2860 m). Moins de dix minutes (60 mètres de dénivellé) pour un panorama inoubliable, ça vaut le coup !

> Voir la galerie complète (36 photos toutes prises depuis le bord de la route, en diverses saisons)

Photos prises de la route du col de la Bonette Restefond

Belle lumière comme tous les soirs dans le vallon de Clapouse. Clic/agrandir 


Les lacs du Roure


Lac du Roure

Le lac inférieur (2558). Clic/agrandir 

Voilà un lieu à découvrir particulièrement l'été quand les touristes s'entassent autour des lacs connus, souvent par simple défaut d'information (« Ah bon, il y a d'autres lacs ? »). Tout le monde aime bien sa tranquillité, n'est-ce pas ? Surtout quand on vient à Maljasset qui est un peu le bout du monde. Enfin, c'est juste un peu loin, mais accessible (3/4 d'heure depuis Barcelonnette).

La balade aux lacs du Roure n'est pas plus longue que d'autres (700 à 900 mètres de dénivelé) mais il est vrai sans sentier (ou des bribes) et sans balisage. Il faut donc savoir lire une carte, d'autant plus que ce n'est pas si facile de trouver tous les lacs. « Tous » ? Oui, il y en a tout de même 10, situés entre 2558 m et 2758 m. Précisons qu'on ne risque pas de se perdre, et qu'à défaut de les trouver tous, on en verra 6 en suivant les ruisseaux.

Outre les lacs eux-mêmes, tous différents, ce qui est intéressant dans cette balade, ce sont les différents points de vue permis par les innombrables ressauts rocheux. On est ici tellement en présence d'un relief glaciaire qu'on imagine se promener au fond du glacier… On trouve beaucoup de rotondités faites de roches striées par le fond du glacier, rabotées. Ça a dû frotter sec ! Partout où il a pu creuser davantage, le glacier a laissé un lac. Il est fort agréable de marcher sur ces roches nues : cela donne le sentiment de fouler une planète vierge et primitive. Ces roches constituent ce qu'on appelle le bed-rock, elles sont constituées de roches siliceuses (grès) de la période permo-trias (- 245 millions d'années, période de plus grande extinction d'espèces dans l'histoire, avec disparition de 95 % des espèces pour des raisons encore inconnues).

Lac du Roure

Les lacs occupent le fond de l'ancien cirque glaciaire. Clic/agrandir 

Des lacs à cet endroit, il y en avait probablement d'autres aujourd'hui comblés. En effet, comme on l'a vu, tout lac dans un bassin versant se comble rapidement (Plan de Parouart, un lac comblé). Chaque fois que vous foulez une prairie plate, souvenez-vous que c'était peut-être un lac. Or dans ce relief apparemment chaotique, on trouve beaucoup de replats herbeux assez humides qui font penser à un lac récemment comblé (récemment à l'échelle écologique, cent à mille ans). Quant aux lacs actuels du site, ils sont peu profonds et tous en voie de comblement.

Ainsi, la photo en haut de page comme celle ci-dessous montre clairement que l'herbe gagne sur le lac. Il s'agit de celui situé le plus bas en altitude, qui reçoit des eaux de tout le bassin versant et, élément supplémentaire de comblement, situé sur le béal (ruisseau) du Roure. Le lac le plus haut est également le plus comblé car il reçoit directement les alluvions du cirque constitué par les dents de Maniglia, le pic du fond du Roure et la Spera, tous sommets à plus de 3000 m.

Lac du Roure

Les sommets et la zone des lacs sont de natures géologiques différentes. Clic/agrandir

Sur le terrain, il n'y a pas besoin d'être un fin observateur pour voir que les sommets et la zone des lacs sont de natures gééologiques différentes (la série de 18 photos le montre clairement). Ainsi la zone du Roure montre quelque chose d'intéressant et habituel dans les Alpes : le relief est constitué d'unités distinctes. La zone des lacs est l'unité du Roure, surtout des grès, dégagés de toute autre roche. On pourrait croire que cette mise à nu est due aux glaciers, mais pas seulement. La zone des sommets, dite unité de Combe Brémond, est une dalle de calcaire anciennement venue chevaucher l'unité du Roure. Elle a basculé à nouveau vers l'est à la fin du plissement alpin, contribuant au dégagement de l'unité du Roure. Les calcaires des sommets sont pour la plupart des calcaires du Malm : voir l'article Marbre rose et globulaire à feuilles en cœur.

Pour le randonneur, l'endroit semble constituer un vallon parallèle au vallon de Mary. En réalité, et c'est très visible sur une carte au 1/25 000e (Top 25 IGN), les lacs du Roure occupent un ancien cirque glaciaire, caractérisé par de hautes parois abruptes et un fond relativement plat (pas à l'échelle humaine). Le Béal du Roure en est le déversoir essentiel. Le chemin qui mène au col de Mary, et semble emprunter le vallon principal, ne suit en fait qu'un petit affluent (le ruisseau n'est d'ailleurs pas nommé). Cette découverte pourrait inciter chacun à examiner les cartes, sur lesquelles ont lit le paysage bien mieux que sur le terrain.

Le terme roure signifie chêne en provençal. Il provient de robur qui a également donné « robuste » ou « corroborer », et qui désigne un chêne ou un bois très dur. Quand on voit le désert végétal que contitue la zone des lacs du Roure, on reste dubitatif. Y avait-il un chêne remarquable ? À cette altitude, c'est impossible. Peut-être que la couleur rouge du fond des lacs, bien visible sur les photos, ait pu par confusion ou mauvaise transcription donner ce nom. À moins qu'il provienne de rout, qui en Ubaye signifie défriché, labouré. Mystère !

> Voir la galerie de 18 photos (achat possible par carte bancaire)

> En savoir plus sur l'aspect géologique : Geol-alp-Ubaye

 


Marbre rose et globulaire à feuilles en cœur (Globularia cordifolia)


marbre rose et globulaire à tige nue

Globulaire à feuilles en cœur devant marbre rose. Clic/agrandir (ça vaut le coup)

Le marbre rose est une roche classique du Queyras mais aussi de l'Ubaye. C'est un faux marbre en vérité, un simple calcaire compact à nodules roses. Il s'agit d'un calcaire jurassique (l'époque des Dinosaures) dit « calcaire marbreux du Malm ».

Le Malm est le Jurassique supérieur, une période géologique datée vers 150 millions d'années (145 à 161). Il est connu pour ses falaises crayeuses du Dorset (côte orientale du Devon, Angleterre, surnommé Jurassic coast et classé au patrimoine mondial) et beaucoup de niveaux massifs dans les Alpes du Sud. À cette époque, le continent unique (Pangée) s'est divisé et l'Europe et l'Afrique s'éloignent l'une de l'autre. L'Ubaye est une zone d'eaux peu profondes, sorte de plateau continental étendu.

Le calcaire du Malm se dépose assez loin de là, en pleine mer, comme l'attestent des fossiles pélagiques (du grec pelagos, « la haute mer ») de Bélémnites et d'Ammonites, en général usés et non identifiables. Lors de la formation des Alpes, la fermeture de l'océan ramènera ce calcaire et d'autres formations vers l'Europe (par charriage).

Ce calcaire est fort répandu en Ubaye, sur des épaisseurs de 20 à 100 mètres. Il est prisé des grimpeurs pour sa compacité. En général il est blanc, avec éventuellement des rubans rosés. La raison en est que les nodules ont été étirés par les mouvements tectoniques et décolorés par le métamorphisme (chaleur et pression qui ont déformé les roches lors de la formation des montagnes).

Les niveaux à « marbre rose » ne sont que des poches localisées, à la base de ces bancs de calcaire. Ce marbre ne manque pas d'élégance et les anciens ne s'y sont pas trompés, édifiant de nombreux bâtiments, jusqu'à de simples fontaines.

Presque mythique, le marbre rose est en tout cas le charme de nos vallées. Qui n'en a jamais ramassé un bloc pour agrémenter son jardin ou sa terrasse ? Les carrières ne sont plus en activité. Celles qui ont donné les plus beaux spécimens sont celles de Serenne (en amont de Saint Paul sur Ubaye).

Un des plus beaux bâtiments en marbre rose d'Ubaye est certainement l'Hôtel de Ville de Barcelonnette (marbre rose de Serenne), édifié en 1934. Un tel luxe étonnant pour une bourgade de montagne est une conséquence de l'émigration, certaines barcelonnettes (habitants ayant migré au Mexique et en Louisiane notamment) ayant fait fortune.

Ceux qui aiment le marbre rose (qui agrémente il est vrai les randonnées) en trouveront principalement dans le secteur de Sérenne, Saint Ours, Maljasset, Mary et jusqu'au Chambeyron. La photo a été prise sur la route de Maljasset, près du Pont Voûté (1650 mètres, école d'escalade).

La fleur est une globulaire à feuille en cœur, Globularia cordifolia. C'est une petite plante vivace et toujours verte qui agrémente les pelouses sèches et les rocailles, et les lieux secs en général, entre 800 et 2 600 mètres. Elle fleurit d'avril à juin selon les altitudes et les expositions. Autrefois classée dans une famille bien à elle (Globulariacées), elle est jointe aujourd'hui à la famille du plantain (Plantaginacées). Ses habitats types sont les pelouses basophiles médioeuropéennes occidentales.

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Le plan de Parouart, un lac comblé


Plan de Parouart à l'automne

Le Plan de Parouart à l'automne, avec l'or des mélèzes. Clic/agrandir 

Quoi, cette photo dans la série des lacs d'Ubaye ? Non, ce n'est pas un gag et je ne me moque pas de vous. À vrai dire, je ne l'ai pas compté dans les 145 lacs d'Ubaye, mais le plan de Parouart est un ancien lac. Situé à 2050 m d'altitude en haute Ubaye, en amont de Maljasset, un sentier en fait le tour (un tour assez large, d'une durée de 3 heures). Bien connu des randonneurs, le plan n'est que l'un des interminables plats qui mènent lentement au col du Longet, le bien nommé.

Le lac était de belle taille pour un lac de montagne, comme souvent les lacs de fond de vallée (mais la plupart sont comblés). L'œuvre a été ici accomplie par les torrents de Tiéouré et de Chabrières, et le béal de Parouart, à coup de cailloux et galets lors de la fonte des neiges et en périodes de crues. Il suffit de regarder sur une carte l'extension des zones d'éboulis sur l'Eissassa, le Péouvou et le Pelvat pour comprendre qu'au pied d'un tel entonnoir, le lac de Parouart avait une espérance de vie faible. Le forfait a été commis il y a cinquante ans environ. Finalement, ce n'était qu'un retour des choses, le lac lui-même ayant été créé par un éboulement ! Poussière, tu redeviendras poussière !

Des alluvions plus fines (boues) se sont déposées et ont achevé le travail. Un peu de terre et la végétation pousse dare-dare, retenant des particules encore plus fines (vases et limons). L'ancien lac est alors devenu la zone humide d'aujourd'hui. Un jour lointain, il ne restera plus qu'une prairie traversée par la rivière.

Plan de Parouart à l'automne

Un jour lointain il ne restera qu'une prairie traversée par l'ubaye. Clic/agrandir 

Le destin du lac de Parouart est celui de tous les lacs de montagne. Comme vous l'avez sans doute observé au cours de vos randonnées, les ruisseaux charrient des cailloux voire des galets, même en dehors de périodes de fortes pluies. Qu'un orage éclate et le torrent déborde, semant partout de petits cailloux. Et comme vous l'avez également constaté, il y a beaucoup de terre nue en montagne, surtout en altitude. À cause du froid, du vent parfois, des moutons souvent.

Le surpâturage, fréquent, est désastreux car il accélère l'érosion. Le plus grave n'est pas que les moutons broutent l'herbe, qui évidemment n'attend que ça pour repousser, mais le tassement dû à leurs incessants passages aux mêmes endroits. L'herbe ainsi asphyxiée ne peut plus pousser (comme sur un sentier). Des endroits qui devraient être herbeux se retrouvent couverts de drayes (sentes des moutons).

Chaque pluie arrache un peu de terre de ces drayes, et les rus et ruisseaux l'amènent jusqu'au plan de Parouart, par exemple. Cette érosion est insidieuse mais sans doute plus importante en volume que celle des crêtes nues. Par rapport à l'érosion naturelle, c'est une érosion centrée sur la terre, qui anéantit le patient travail de la nature.

Autre source importante de terre, la fonte des neiges, particulièrement s'il pleut beaucoup avant que la végétation ne soit sortie (cas fréquent). D'importantes quantités de terre sont arrachées au sol nu et emportées vers les ruisseaux, s'ajoutant à la terre lessivée des zones caillouteuses pour donner la couleur bleue à brune des rivières à cette époque. Le bleu signifie que la proportion de neige fondue est importante, le brun que c'est la terre qui domine.

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> Voir la galerie complète sur l'Ubaye