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PHOTO UBAYE ET INFORMATIONS

Les lacs de l'Ubaye : le lac de Chillol


Lac de Chillol

 Le lac de Chillol, injustement méconnu. Clic/agrandir

Si l'Ubaye est escarpée et rocailleuse, souvent calcaire et donc sèche, elle compte une quantité impressionnante de lacs : 145, plus une bonne dizaine de lacs limitrophes habituellement présentés comme d'Ubaye, tels les lacs de la Cayolle et celui du Ruburent. La plupart sont des lacs de fonte, laissés par le retrait des glaciers il y a quelques milliers d'années, et donc situés au-dessus des pentes.

En effet, les pentes représentent le U de la vallée en auge creusée par le glacier, des parois assez raides. Là, la glace a fondu en s'écoulant sous forme de cascades, ruisseaux et rivière. Il reste juste une vallée profonde. Dans la partie haute au contraire, le glacier s'est retiré plus tard. Ici ou là, un verrou rocheux a créé une résistance, d'où un surcreusement à l'origine du lac. Parfois, c'est simplement une dépression naturelle et alors peu profonde, qui reste remplie d'eau et évolue rapidement en marécage puis prairie humide.

Les lacs d'aujourd'hui ne sont que des restes. Juste après la fonte, toutes les zones marécageuses ou simplement plates aujourd'hui étaient des lacs. Toutes les pièces d'eau petites et grandes sont vouées à disparaître : quand elles ne s'assèchent pas elles se comblent, de par les sédiments charriés à chaque pluie et chaque fonte des neiges.

Je ne suis pas sûr d'arriver à vous montrer une photo de chaque lac sans vous lasser, mais peu importe : nous commençons notre « recensement » par un lac injustement méconnu : le lac de Chillol (2463 m), accessible depuis Maljasset. C'est typiquement le lac en cours d'assèchement, presque à sec à la fin de l'été (un 11 juillet sur la photo ci-dessus).

Deux accès sont possibles : depuis la vallée, on trouve une passerelle sur l'Ubaye au lieudit La Blachière, puis un chemin rapidement escarpé qui grimpe dans le vallon (départ pas évident à trouver). Il y a alors seulement 700 mètres de dénivellée. Plus intéressant, plus long mais plus facile, par les lacs de Marinet et la crête, une randonnée que je vous raconterai prochainement (mais assez longue, plus de 1100 mètres de dénivellée).

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Lacs des Hommes, une randonnée à découvrir


Quand l'été bat son plein et que les lacs de montagne sont envahis de cris, quoi de mieux qu'un lac désert ? Vous en avez rêvé, l'Ubaye vous l'offre. Et en plus, lors d'une randonnée sans difficulté particulière et d'une longueur modérée. Elle est pas belle la vie ?

Départ de Larche - parking du Lauzanier (Pont rouge, limite du parc du Mercantour, 5 km au nord-est de Larche, par une petite route forestière, difficulté principale de la balade en cas de croisement - impossible). Altitude 1907 mètres. Lacs des Hommes 2600 mètres. Dénivelée positive : 700 mètres. 4h30 environ. Photos prises lors d'une randonnée un 18 juillet.
 

Cascade du Pardon

 Repos extraordinaire au lac des Hommes. Clic/agrandir (sur galerie Arana) 

La balade démarre tout ce qu'il y a de plus tranquillement puisqu'il s'agit d'abord de remonter le vallon du Lauzanier et ses longs plats montants. L'œil inquiet, on regarde les familles avec enfants partir à l'assaut de la montagne. Décidément, il ne faut pas croire ce qu'on lit sur les blogs, c'est du n'importe quoi ! La rampe qui mène au lac du Lauzanier calme un peu tout ce petit monde et on se reprend à espérer. Il n'y a que ça à faire car pour être honnête, cette partie de la balade n'est pas la plus palpitante.

Plein d'espoir, on arrive au lac du Lauzanier et là, horreur ! Les cris des enfants turbulents agressent l'oreille la plus aguerrie. Il est temps de filer sans s'arrêter, heureusement pas épuisés par la courte montée. Cap sur le lac de Derrière la croix. Quelques plats montants et une autre rampe sans importance, nous voilà au lac de Derrière la croix. Le lieu est plus austère et par chance il n'y a personne.

À vrai dire, c'est habituel. Le lieu n'est pourtant pas bien loin du parking, moins de deux heures, mais il est bien moins fréquenté. Peut-être à cause de son aspect minéral ? Qu'importe, on reprend espoir. Finalement, ce blog ne dit pas que des bêtises. Nous n'en sommes qu'à la marche d'approche et déjà, le désert, ça promet.

Après une bonne pause, on regarde à droite, la pente herbue assez raide (sud-est du lac). Eh oui, c'est là qu'il va falloir monter. Le raidillon est très court en vérité, la pente redevient vite raisonnable, et de toute manière, il n'y a que 200 mètres à monter, l'affaire d'une demi-heure pour un randonneur moyen. On a intérêt à monter tout droit ou en courts lacets (il y aussi des traces de sente).
Très vite, on sent qu'on ne va pas regretter l'investissement, côté calme. Il y a bien deux randonneurs qui descendent du Col de la Cavale, au loin, mais par ici : personne. C'est dans un silence royal qu'on prend pied sur l'épaulement qui tient lieu de col. Là commence un vallon sans nom, tout un espace presque plat qui mène aux lacs des Hommes.

Cascade du Pardon

La nature a ciselé là pas mal de figures et d'animaux. Clic/agrandir (sur galerie Arana)

Autant profiter du lieu. Dans ce chaos de blocs, on trouve des merveilles, il suffit de bien regarder les sculptures de la nature, qui a ciselé là pas mal de figures et d'animaux. Les fleurs, certes éparses, ressortent d'autant plus dans cet amas de roches. Circulez, il y à voir ! Pourquoi ne pas prendre le temps d'une visite plus approfondie, en contournant les blocs, plutôt que de tracer la route ?

Les lacs proprement dits ne sont pas extraordinaires (mais on a vu pire) et c'est peut-être leur plus grande qualité : ainsi, on est presque assuré de s'y trouver seul, même en plein été. En tout cas, pas de familles avec enfants, peut-être un rare connaisseur monté par le chemin du Pardon, que nous emprunterons à la descente.

Cascade du Pardon

Raiponse naine  (Phyteuma humile). Clic/agrandir (sur galerie Arana)

Pour l'heure profitons de ce lieu étonnant, particulièrement rocheux, comme il y en a beaucoup en Ubaye. On se demande ce que les moutons pouvaient trouver à manger par ici. Lacs des Hommes, curieux nom pour un endroit où il n'y a sûrement pas de quoi nourrir son homme ! On peut savourer le silence car rien ne presse : la descente est courte (1h30 maximum).

Dans un lieu pareil, il faut peu de temps pour se sentir revenu à l'origine du monde. Pas un bruit, à part quelques strophes de rouge-queue noir et de traquet motteux. Pas un bruit… Sommes-nous sur la terre ? Est-ce possible ? Eh oui, nous sommes en Ubaye.

 

Cascade du Pardon

Pas un bruit… Sommes-nous sur la terre ? Non, en Ubaye. Clic/agrandir (sur galerie Arana)

La descente est plaisante. Après une courte partie quasi plate, on retrouve un chemin qui descend rapidement (mais sans danger) vers le ravin du Pardon où l'on peut admirer la cascade non nommée. Une cascade pas indiquée sur la carte ni dans les guides, et donc peu visitée, et qui pourtant en vaut bien d'autres. Autant en profiter car bientôt on sera revenu dans le vallon du Lauzanier.

Personnellement, j'ai traîné afin de revenir à une heure où les vacanciers sont devant le Pastis. Les apéritifs, ils attendront, à ce moment, on a plutôt envie d'entendre le silence revenu en soi, et le retour vers le parking se fait dans un état méditatif, à coup sûr !

 

Cascade du Pardon

Vertige à la cascade du Pardon. Clic/agrandir (sur galerie Arana)

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Ubaye, vallée peu connue


 

Lac du Roure

 

Quand je dis aimer randonner en Ubaye, je suis souvent surpris des réactions : « C'est où ? En Amérique du Sud ? ». Euh, bah non, pas tout à fait. Cette réflexion n'est pas si bête qu'elle en a l'air, au point de vue historique tout au moins : j'en parlerais plus tard, mais les « barcelonnettes » partirent au Mexique tenter de faire fortune. Il en reste aujourd'hui d'étranges maisons, quasi châteaux, et surtout des maisons de ville avec jardin et cimetière qui donnent à Barcelonnette sa configuration unique.

Bref, l'Ubaye est peu connue même dans le Sud. Là, les gens savent en général où c'est, ou à peu près, mais ils n'y ont jamais mis les pieds (ni les roues, d'ailleurs). Pourquoi un tel déficit d'image ? Je ne m'en plains pas : il y a peu de monde. Or le calme et l'isolement sont des denrées extrêmement rares à notre époque. Il est vrai que l'Ubaye est une vallée dans l'ensemble encaissée, avec d'immenses parois rocheuses austères. La route d'accès est bien longue depuis Serre-Ponçon.

Il faut déjà passer un col ou quasi (note ci-dessous) pour accéder à la vallée. Et après, il reste encore pas mal de kilomètres pour arriver à Barcelonnette. Ce bourg (3 000 habitants) très méditerranéen, animé, avec ses places à café, est un peu le centre. Mais de là, on est encore loin de Maljasset par exemple, pas moins de trois quart d'heure en voiture !

Depuis Embrun, on ne passe pas de col mais on suit par une route sinueuse le lac de Serre-Ponçon ; depuis Gap ou l'autoroute venant de Marseille, on passe par un épaulement sour le col Saint-Jean, col qu'on doit passer en plus de celui du Labouret quand on vient de Digne. Depuis l'Italie, on passe le col de Larche (1948 m), qui est historiquement un accès important (Turin). Reste ensuite d'autres accès par la montagne : depuis Guillestre, par le col de Vars (2109 m), depuis le Verdon, par le col d'Allos (2247 m) ; depuis Puget-Théniers, par le col de la Cayolle (2326 m) et depuis la Tinée ou Nice, par le col le plus haut d'Europe, la Bonette (2802 m)

Et ensuite, si on veut randonner, il faut… marcher. Fonds de vallons très longs (du fait de la quasi absence de routes), dénivelés souvent importants : à part les balades les plus connues, il n'est pas rare de faire 1000, 1200 mètres, voire 1500 mètres ! Et, pour ne rien simplifier, il y a fort peu d'hôtels : on est souvent obligé de rouler un quart d'heure à une demi-heure avant de démarrer la randonnée.

Ajoutons que beaucoup de vallons sont inaccessibles car dépourvus de chemin (chemins de berger écroulés et envahis par la végétation) et le tableau est complet : mais que faire dans cette galère ? Eh bien, découvrir. Prendre son temps. Apprécier silence et immensité. Je vous le dis, si vous prenez le temps de la découvrir, vous allez aimer l'Ubaye !

Pour commencer, pourquoi pas… une toute petite randonnée ? Le secteur du Col Bas est d'altitude peu élevée (2000 mètres pour les lacs, 2100 mètres pour le col) et il y a plus de lacs que ce que qu'on peut voir en une journée : 23, et 29 si on compte ceux du vallon de l'Ambouin, tout proche. Selon les années, on peut faire la balade dès mai (plus souvent juin). Malgré la faible altitude, le lieu déneige tard (il y a une petite station de ski). Un avant-goût…

 

Le Lavercq
 

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