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PHOTO UBAYE ET INFORMATIONS

Le plan de Parouart, un lac comblé


Plan de Parouart à l'automne

Le Plan de Parouart à l'automne, avec l'or des mélèzes. Clic/agrandir 

Quoi, cette photo dans la série des lacs d'Ubaye ? Non, ce n'est pas un gag et je ne me moque pas de vous. À vrai dire, je ne l'ai pas compté dans les 145 lacs d'Ubaye, mais le plan de Parouart est un ancien lac. Situé à 2050 m d'altitude en haute Ubaye, en amont de Maljasset, un sentier en fait le tour (un tour assez large, d'une durée de 3 heures). Bien connu des randonneurs, le plan n'est que l'un des interminables plats qui mènent lentement au col du Longet, le bien nommé.

Le lac était de belle taille pour un lac de montagne, comme souvent les lacs de fond de vallée (mais la plupart sont comblés). L'œuvre a été ici accomplie par les torrents de Tiéouré et de Chabrières, et le béal de Parouart, à coup de cailloux et galets lors de la fonte des neiges et en périodes de crues. Il suffit de regarder sur une carte l'extension des zones d'éboulis sur l'Eissassa, le Péouvou et le Pelvat pour comprendre qu'au pied d'un tel entonnoir, le lac de Parouart avait une espérance de vie faible. Le forfait a été commis il y a cinquante ans environ. Finalement, ce n'était qu'un retour des choses, le lac lui-même ayant été créé par un éboulement ! Poussière, tu redeviendras poussière !

Des alluvions plus fines (boues) se sont déposées et ont achevé le travail. Un peu de terre et la végétation pousse dare-dare, retenant des particules encore plus fines (vases et limons). L'ancien lac est alors devenu la zone humide d'aujourd'hui. Un jour lointain, il ne restera plus qu'une prairie traversée par la rivière.

Plan de Parouart à l'automne

Un jour lointain il ne restera qu'une prairie traversée par l'ubaye. Clic/agrandir 

Le destin du lac de Parouart est celui de tous les lacs de montagne. Comme vous l'avez sans doute observé au cours de vos randonnées, les ruisseaux charrient des cailloux voire des galets, même en dehors de périodes de fortes pluies. Qu'un orage éclate et le torrent déborde, semant partout de petits cailloux. Et comme vous l'avez également constaté, il y a beaucoup de terre nue en montagne, surtout en altitude. À cause du froid, du vent parfois, des moutons souvent.

Le surpâturage, fréquent, est désastreux car il accélère l'érosion. Le plus grave n'est pas que les moutons broutent l'herbe, qui évidemment n'attend que ça pour repousser, mais le tassement dû à leurs incessants passages aux mêmes endroits. L'herbe ainsi asphyxiée ne peut plus pousser (comme sur un sentier). Des endroits qui devraient être herbeux se retrouvent couverts de drayes (sentes des moutons).

Chaque pluie arrache un peu de terre de ces drayes, et les rus et ruisseaux l'amènent jusqu'au plan de Parouart, par exemple. Cette érosion est insidieuse mais sans doute plus importante en volume que celle des crêtes nues. Par rapport à l'érosion naturelle, c'est une érosion centrée sur la terre, qui anéantit le patient travail de la nature.

Autre source importante de terre, la fonte des neiges, particulièrement s'il pleut beaucoup avant que la végétation ne soit sortie (cas fréquent). D'importantes quantités de terre sont arrachées au sol nu et emportées vers les ruisseaux, s'ajoutant à la terre lessivée des zones caillouteuses pour donner la couleur bleue à brune des rivières à cette époque. Le bleu signifie que la proportion de neige fondue est importante, le brun que c'est la terre qui domine.

Pensez à laisser des commentaires, informations ou questions, merci. 

> Voir la galerie complète sur l'Ubaye 


Les lacs de l'Ubaye : le lac de Chillol


Lac de Chillol

 Le lac de Chillol, injustement méconnu. Clic/agrandir

Si l'Ubaye est escarpée et rocailleuse, souvent calcaire et donc sèche, elle compte une quantité impressionnante de lacs : 145, plus une bonne dizaine de lacs limitrophes habituellement présentés comme d'Ubaye, tels les lacs de la Cayolle et celui du Ruburent. La plupart sont des lacs de fonte, laissés par le retrait des glaciers il y a quelques milliers d'années, et donc situés au-dessus des pentes.

En effet, les pentes représentent le U de la vallée en auge creusée par le glacier, des parois assez raides. Là, la glace a fondu en s'écoulant sous forme de cascades, ruisseaux et rivière. Il reste juste une vallée profonde. Dans la partie haute au contraire, le glacier s'est retiré plus tard. Ici ou là, un verrou rocheux a créé une résistance, d'où un surcreusement à l'origine du lac. Parfois, c'est simplement une dépression naturelle et alors peu profonde, qui reste remplie d'eau et évolue rapidement en marécage puis prairie humide.

Les lacs d'aujourd'hui ne sont que des restes. Juste après la fonte, toutes les zones marécageuses ou simplement plates aujourd'hui étaient des lacs. Toutes les pièces d'eau petites et grandes sont vouées à disparaître : quand elles ne s'assèchent pas elles se comblent, de par les sédiments charriés à chaque pluie et chaque fonte des neiges.

Je ne suis pas sûr d'arriver à vous montrer une photo de chaque lac sans vous lasser, mais peu importe : nous commençons notre « recensement » par un lac injustement méconnu : le lac de Chillol (2463 m), accessible depuis Maljasset. C'est typiquement le lac en cours d'assèchement, presque à sec à la fin de l'été (un 11 juillet sur la photo ci-dessus).

Deux accès sont possibles : depuis la vallée, on trouve une passerelle sur l'Ubaye au lieudit La Blachière, puis un chemin rapidement escarpé qui grimpe dans le vallon (départ pas évident à trouver). Il y a alors seulement 700 mètres de dénivellée. Plus intéressant, plus long mais plus facile, par les lacs de Marinet et la crête, une randonnée que je vous raconterai prochainement (mais assez longue, plus de 1100 mètres de dénivellée).

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